Les heures noires reviennent,
je veille jusqu'au plus sombre.
je me met à vouloir, à espérer, concupiscent.
je travers la ville silencieusement, la tête couverte, les oreilles emmusiquées.
là je pousse une voiture qui gène la circulation sans un mot, sans un merci.
là je tourne la tête pour ne pas voir la violence qui nait.
Je fouille les poubelles, vos poubelles.
Je regarde dans vos fenêtres, si la lumière y est allumée.
Craignez braves gens, car j'envie ce que vous posséder.
Je convoite autrui,
Craignez que je convoite vos biens, vos femmes ou vos enfants.
Je regarde le monde avec mon regard noir,
les larmes me restent dans les yeux.
Et plus je regarde avec ce regard là, plus je sombre.
Ce goût d'oxyde, de pourri, de reviens-z'y.
La vie est un éternel recommencement.
Chateau de cartes, écroulé aux premiers souffles, soupirs.
Tantale, Sysif ...
Et je suis là, seul dans la nuit.
A pleurer, sur les mêmes chansons.
Le ventre tordus pas les mêmes faims.
Toujours les mêmes maux, les mêmes erreurs,
Se répettent.
Toute la patience, de tant de coût.
Perdue encore une fois.
Insomnie et merde, quoi faire sinon de le ré-écrire et le ré-écrire.
Ils s'en remettrons mieux que moi.
Il n'est de souvenir qui ne soit entouré d'affects.
Le temps, les larmes modèlent les souvenirs, érodent le paysage fragile.
Je suis recroquevillé sous une averse de pluies acides. Ne pouvant rien faire pour me protéger du vent et l'eau glacée qui s'insinue partout.
Le monde est un gouffre sombre qui se traverse quelques bougies à la main. Pâles luminons qui montrent si peu le chemin au devant de nous et efface si vite celui parcouru.
Je voudrais lire Borges, dire que je suis capable d'aimer, prodiguer des caresses.
Comme l'abeille, l'homme privé de sommeil ne sait plus réfléchir correctement.
Je ne pense plus aux brulures de cire qui me coule sur la main.
Je voudrais que l'intelligence émotive guide ma vie, et la douceur d'un regard tendre et confiant.
Qu'est ce que tu deviens ?
haussement d'épaules.
Rien, je reste ce que je suis.
J'avais choisi cet endroit pour la lumière qui y pénétrait au bout du couloir.
Aujourd'hui, petit à petit je suis obligé de fermer les portes.
Pour garder un peu de chaleur, pour ... pour quelles raisons en fait ?
La lumière baisse, c'est l'hiver.
Le jour dure moins longtemps,
Le ciel est couvert.
Les rayons solaires ont de plus en plus de mal à revenir.
C'est triste.
On est obliger de faire appel à de l'artificiel.
Ce n'est pas pareil.
Il y a des jours avec peu, et des jours sans.
Ces os ont déjà pris tant de coups.
Ces dents ont été usées sur toutes ces chaines auxquelles il a été attaché.
Ces yeux sont presque tout le temps triste, il perd la force de grogner et d'aboyer.
La pluie, la neige, le froid. Il a perdu ses illusions et se résoud à passer l'hiver dehors.
Je n'ai d'amitié pour les chats, le chien conserve mon affection.
A la fois par la capacité à prendre des notes utiles et pertinentes, sans perdre le fil des évènements, de l'instant et cela sans perdre la capacité de compréhension et d'interventions.
Mais également la capacité de reprise de ces notes à postériori et d'analyse. Archiver, retrouver et utiliser ses notes pour bâtir la suite ...
Quel boulot, mais quel progrès !
Et ça, cela mérite d'être écrit en chapô.
Mon p'tit gars n'arrêtais pas de me dire,
Qu'ils ne font que répéter cent mille fois les mêmes choses.
Il a raison.
Ils mettent en scène la purée, et on, je l'écoute.
Sensationnelle dégueulasserie.
Du coup, j'ai bricolé un truc.
Avec un fil qui coure jusqu'au frigo,
Ça grésille, ça crachote, le son n'est pas très bon.
Mais je n'ai pas réussi à faire mieux.
Je voudrais de nouvelles musiques, de nouvelles chansons, de nouveau mots à en remplir le net et mes cahiers.
Des tas d'idées, d'images, d'envies et d'émotions pour me remplir la tête et le demain.
Je me demande s'il ne me faudrait pas passer aux podcasts. Même si je ne les trouve pas encore très pratiques.
Je superpose les couches, pelures dérisoires.
Le froid est en moi, insinué.
Allongé, je me dis qu'en bougeant le moins possible.
J'utiliserai un minimum d'énergie, une étincelle de chaleur.
Rester là, immobile.
Le temps est gris, le plafond bas et blanc.
Un temps à neige comme l'on dit.
Il paraît que si on ferme les yeux,
qu'on laisse le sommeil nous emmener,
Il n'est pas sure que l'on puisse se réveiller.
Il me faut redevenir visible,
pour espérer exister un peu.
Ne plus tenir compte de la chronologie mais de l'impact.
Pour me calmer, je replonge dans la terre. Elle est douce pour planter des oignons que l'on espère voir pousser au printemps prochain. Mais l'eau est froide pour ôter ce qui s'est accumulé sous les ongles.
L'éclair blanc m'a jailli au visage, réduisant à néant ma capacité à avoir de l'eau chaude. Il y a quelque chose de brulé sur le mur. Aveuglé par la tache lumineuse, qui s'est imprimé sur ma rétine, je ne sais plus ce que je vois.
Il serait plus prudent que j'attende quelqu'un.
Mais mes nuits sont pleines de cauchemars de ces gens qui ne viennent pas.
Je vais un temps faire sans cela aussi.


